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Le premier verset du livre de la genèse dit :
« Au commencement Dieu créa le ciel et la terre »
L’évangile de Jean, quant à lui, annonce :
« Au commencement était la Parole »
Ce matin nous nous sommes arrêtés
Pour écrire cette parole au commencement de notre vie.
Cette parole nous dit :
notre naissance et notre destination,
Notre espérance, et notre vocation.
Que la grâce de l’écoute nous soit donnée
Je vous invite à la prière
Seigneur ta parole est première,
Nous voulons l’écrire au matin de notre semaine,
Au seuil de notre rencontre.
Nous te présentons ce temps de culte,
Que ton Esprit le préside !
Que ta Parole l’éclaire !
Que ton Evangile le nourrisse !
🎵Cantique 21-08 : C’est toi, Seigneur, qui nous unis
écouter et/ou chanter : partition
LOUANGE
Dieu, mon chemin
Ma part de pain !
Apprends-moi la bonté du silence,
l’espace nu du dedans,
où s’accueille doucement
ta présence !
Dieu, mon chemin
Ma part de pain !
Que s’apaise la houle du jour,
que passe le murmure des mots
vers l’indicible lieu
d’où ta Parole retourne ma terre !
Dieu, mon chemin
Ma part de pain !
Ouvre mes mains,
creuse ma faim,
et si je te rejoins,
que ce soit en pèlerin !
Dieu, mon chemin
Ma part de pain …
Et mon demain
Amen
🎵Cantique : 41-05 : Nos cœurs te chantent
écouter et/ou chanter : partition
PRIÈRE DE REPENTANCE
Seigneur, tu es le verbe de la Vie
et nous, jour après jour,
nous prononçons des paroles de mort,
des paroles creuses,
des paroles tranchantes,
des paroles empoisonnées.
Seigneur, tu es la parole faîte chair
et nous, jour après jour,
nous falsifions ta Parole
par nos bavardages,
par nos demi-vérités,
par nos jugements définitifs.
Seigneur, ta Parole est un mystère
et nous, jour après jour
nous prétendons en faire le tour
par nos argumentations
par notre moralisme,
par nos préjugés inébranlables.
Ô apprends-nous ton silence !
Apprends-nous les gestes qui enfantent la vie,
les gestes qui se passent de mots,
les gestes francs, sans retenue,
les gestes qui vont droit au cœur !
Ô apprends-nous ton silence,
Toi le verbe de Vie !
Fais taire en nous toute autre voix que la tienne !
Que ta parole prenne chair en nous
et pardonne-nous, Seigneur, nos paroles de mort !
Amen.
PAROLE DE GRÂCE
Pourquoi chercher
au dehors
ce qui brûle
au-dedans ?
Pourquoi laisser
le désir
s’émietter sans fin
au rocher des songes ?
Pourquoi s’épuiser
entre hier et demain
quand l’instant
vibre de plein ?
S’il est encore
un secret à réveiller
sous la complainte des jours,
C’est Dieu
en son buisson d’humanité
tison d’éternité
debout sur nos errances,
Feu de la présence,
« Je suis » de la délivrance, du pardon.
Amen
🎵Cantique 41-42 : Chante alléluia au Seigneur
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VOLONTÉ DE DIEU
Reçois la parole que te dit ton Dieu :
Elle est promesse de vie.
Vas, j’ai mis en toi ma Parole.
Là où tu vas, ne la porte pas comme pour la protéger.
Ne crains pas qu’elle se fasse mordre
par l’obscurité du cœur des hommes,
car ma Parole est lumière plus forte
que les zones d’ombre.
Je l’ai plantée moi-même dans ton cœur ;
rien ne peut l’arracher.
Laisse-la vivre ses saisons en toi.
Ne crains pas ses flétrissements, ses endormissements,
mais espère ses printemps,
ses bourgeonnements,
ses éclosions.
Amen
🎵Cantique 44-16 : A toi nos cœurs
écouter et/ou chanter : partition
PRIÈRE AVANT LA LECTURE DE LA PAROLE
Le sage nous l’a dit :
« Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler »
(Qo 3,7)
Avant le temps de la parole
Je vous invite à prendre un temps de silence
(Silence)
Accorde nous Père la grâce du silence
Donne-nous de nous taire avant d’écouter
(Silence)
Souffle ton Esprit
Parle ta Parole !
Qu’elle apaise nos pensées !
Qu’elle façonne notre fidélité !
Amen
LECTURE BIBLIQUES ET PRÉDICATION
Jean 6, 51-58
51Le pain vivant qui est descendu du ciel, c’est moi. Celui qui mange de ce pain vivra pour toujours. Et le pain que je donnerai, c’est mon corps, je le donne pour la vie du monde. » 52Alors les Juifs se disputent. Ils disent : « Comment cet homme peut-il nous donner son corps à manger ? » 53Jésus leur dit : « Oui, je vous le dis, c’est la vérité : si vous ne mangez pas le corps du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. 54Si quelqu’un mange mon corps et boit mon sang, il vit avec Dieu pour toujours. Et moi, le dernier jour, je le relèverai de la mort. 55Mon corps est une vraie nourriture et mon sang est une vraie boisson. 56Si quelqu’un mange mon corps et boit mon sang, il vit en moi, et moi je vis en lui. 57Le Père qui m’a envoyé est vivant, et moi, je vis par le Père. De la même façon, celui qui me mange vivra par moi. 58Voici le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme le pain que vos ancêtres ont mangé. Eux, ils sont morts, mais si quelqu’un mange ce pain, il vivra pour toujours. »
🎵Cantique 14-09 : Cherchez d’abord le royaume de Dieu
écouter et/ou chanter : partition
PRÉDICATION
54Si quelqu’un mange mon corps et boit mon sang, il vit avec Dieu pour toujours.
Et
56Si quelqu’un mange mon corps et boit mon sang, il vit en moi, et moi je vis en lui.
J’ai demandé à Jean Ranc (le lecteur) de ne pas vous donner le nom de l’évangéliste qui nous a transmis ces paroles.
J’ai donc deux questions.
1ère question : pour vous, qu’est ce qui pourrait trouver son fondement dans ce texte ? pour moi c’est un texte qui me parait fondamental pour la sainte Cène.
2ème question : connaissez-vous l’auteur de ce texte ? C’est l’Évangéliste Jean.
Alors quelle ne fut pas ma surprise, j’ai toujours appris que ce qui pourrait correspondre à la cène et qui s’est passé lors du dernier repas avant la crucifixion est le lavage des pieds. Or ici, l’auteur nous interpelle avec des paroles proches de celle de la Cène. Et cela arrive dès le 6ème chapitre, c’est-à-dire au début du ministère de Jésus. Donc dès le début Jésus nous annonce qu’il faut manger son corps et boire sons sang pour recevoir le pardon et accéder à la vie éternelle.
Ces paroles me semblent relativement dures. Elles ne sont pas faciles à comprendre, et je pense que ma manière de comprendre ces paroles n’est pas universelle, vous êtes sûrement nombreux à avoir une vision différente de la mienne.
Je pourrais vous parler de transsubstantiation comme chez les catholiques, de consubstantiation comme chez les luthériens, de présence pneumatique comme chez les réformés ou encore de mémorielle du Christ comme chez les évangéliques. Que de notions savantes pour décrire ce qui se passe lors de la Cène.
Oui, nous pouvons suivre les différents catéchismes que nous avons appris dans notre enfance, mais cela correspond-il vraiment à ce que nous vivons réellement ? Personnellement, j’ai grandi chez les méthodistes, puis chez les luthériens et suis arrivée chez les réformés après plusieurs déménagements. Alors dans quelle case dois-je me mettre ?
Pour essayer de répondre, j’ai envoyé un petit questionnaire à la famille, à quelques amis et connaissances.
Sur plus de 60 personnes contactées, 16 m’ont répondu.
Dans les personnes ayant répondu, la grande majorité se dit croyante, mais il y a aussi des croyantes et non-croyantes à la fois et des non-croyantes.
Parmi les personnes se disant croyantes ou croyantes et non-croyante à la fois, une majorité se dit catholique, mais il y a aussi des catholiques et protestants à la fois, une protestante, une chrétienne et une sans étiquette.
Une grande majorité vient aux célébrations y compris des non-croyants.
J’ai posé des questions sur la compréhension de la Cène et sur ce que chacun vit lors de sa célébration.
1ère constatation, seulement 3 personnes croient à la présence réelle du Christ dans le pain et le vin. Pour les autres croyants, la Cène représente essentiellement un symbole, une commémoration, un repas de famille ou un repas partagé où nous sommes invités, une nouvelle alliance avec Dieu.
La démarche de partage et de fête ressort dans beaucoup de réponses, mais est aussi comprise comme un acte faisant mémoire de ce que nous ont légué les croyants qui nous ont précédés et qui ont témoigné pour nous de la vie et du message de Jésus-Christ, c’est une grâce. Deux réponses qui m’ont beaucoup interpellée :
• Une contradiction entre la fête vécue à travers le partage lors d’un repas partagé alors que le dernier repas annonce la mort du Christ. Que fêtons-nous ?
• La Cène crée un sentiment d’appartenance à une communauté mais qui se fait dans l’exclusion de certains ou certaines.
Globalement, les paroles de l’Évangile de Jean sont ressenties de manière bien plus dure en général. Pour la plupart, il s’agit d’une image, d’une métaphore. Certains y voient un manque de liberté pour suivre l’invitation de Jésus, une obligation d’être chrétien, obligation allant jusqu’à la volonté de créer une séparation entre croyant et non-croyant. Il a aussi été relevé une contradiction avec une compréhension très universelle du sacrifice du christ : le pardon est pour l’humanité, sans distinction d’origine ou de croyance.
Plusieurs réponses portent une différence entre le corps et le sang. Il faut manger le corps, ce qui correspond à le mastiquer. Ici, ce corps représente en fait la parole. Boire le sang semble plus difficile. Le sang est image de mort, mais permet aussi de faire circuler la parole dans notre corps pour nous donner la vie.
Par ces paroles, Jean nous invite à nous ressourcer en Jésus comme on aurait besoin d’eau pour vivre.
Toutes les réponses que j’ai obtenues étaient porteuses d’espérance, y compris parfois celles qui trouvaient le texte très difficile et très fermé sur lui-même. D’autre part, chaque réponse est porteuse d’une petite interprétation possible du texte, ce qui nous permet de nous approcher un peu plus dans sa compréhension.
Jésus dit :
54Si quelqu’un mange mon corps et boit mon sang, il vit avec Dieu pour toujours.
Comment puis-je comprendre ces paroles dans l’Évangile de Jean ? Que mangeons et buvons-nous ici ? Le « corps et le sang » est une image, mais que représente-t-elle ?
L’Évangile de Jean commence ainsi :
1Au commencement était la Parole ; la Parole était auprès de Dieu ; la Parole était Dieu. 2Elle était au commencement auprès de Dieu.
3Tout est venu à l’existence par elle, et rien n’est venu à l’existence sans elle. Ce qui est venu à l’existence 4en elle était vie, et la vie était la lumière des humains…
Jean continue en développant les caractéristiques de la lumière puis dans la suite arrive le verset 14.
14La Parole est devenue chair ; elle a fait sa demeure parmi nous, et nous avons vu sa gloire, une gloire de Fils unique issu du Père ; elle était pleine de grâce et de vérité.
La parole est donc devenue chair, elle est le corps de Jésus.
En synthétisant, l’homme Jésus, qui a un corps fait de chair et de sang, il a été fait par la parole, cette parole est Dieu. Il est la lumière, la vie.
Je comprends donc que Jésus est la parole, son corps et son sang sont la parole, la parole de Dieu. Donc s’il nous dit de manger son corps et de boire son sang, je comprends qu’il faut manger et boire ses paroles.
Ce texte se trouve au début de l’Évangile de Jean, au 6ème chapitre sur les 21 que comprend cet Évangile. Dès le début, Jean insiste sur le besoin de manger et boire les paroles et les enseignements du Christ. Ici, manger et boire n’est plus un signe de mémoire, de reconnaissance mais devient notre quotidien. Chaque jour nous devrions manger et boire les paroles du Christ.
Je me suis posé la question sur le manger et boire la parole. Deux actions figurent dans manger et boire ; le fait de mastiquer la nourriture solide et le fait d’avaler.
Nous devons donc mastiquer la parole, ce que je comprends par une lecture régulière de la Bible, seul ou en groupe avec confrontation d’idées au culte ou en étude biblique, par la prière… une interprétation propre qui évoluera peut-être dans le temps selon la durée de mastication.
Nous devons aussi avaler cette parole, afin qu’elle entre en nous, qu’elle devienne une lumière au fond de nous, un repère, un phare, la grâce.
En préparant ce culte, j’ai trouvé une phrase de Jean Chrysostome, un père de l’Église. Il disait :
« Rentrez à la maison, et préparez deux tables,
l’une avec les plats de la nourriture,
et l’autre avec les plats de l’écriture…
Faîtes de votre maison une Église. »
Comme nous sommes obligés d’alimenter quotidiennement notre corps avec de la nourriture, nous avons besoin de nourrir quotidiennement notre Esprit de réflexion, et pour moi, dans cette réflexion il y a la Parole.
Amen.
Moment musical
CONFESSION DE FOI chantée
🎵Chant « Je crois et j’espère »
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